Frissons

Frissons
Anna Filiptséva
Borealia
108 pages
14 euros
Résumé ~
je suis seule avec toi, cousue du même fil
épuisée par l’attente, et non par le soleil
en contemplation par le cœur, et non par les yeux,
puisqu’on ne voit bien qu’avec le cœur
j’ai tressé les motifs de nos jours à venir
lu à voix haute les lettres de notre avenir
me suis entremêlée dans leurs lignes et leurs lettres
leur murmure était sons et clairons
«Je vole et je me sauve avec la poésie», un message qui transparaît dans chaque texte de chanson et poème de ce recueil intitulé « Frissons ». Ce livre est un voyage, un chemin qui mène de la jeunesse à l’âge adulte, de la naïveté à la sagesse, des ténèbres à la lumière.
Ici, la poésie est un refuge, un lieu sûr où l’on peut exprimer le plus important, là où il n’y a en réalité pas d’espace pour la conversation. Le sentiment d’intimité suscité par la lecture de ces textes portent aussi ce message apaisant : « Je te comprends. Je connais aussi ce sentiment. Tu n’es pas seul. »
Mon avis ~
Frissons d’Anna Filiptséva est un recueil qui mêle paroles de chansons et poèmes et qui nous propose un voyage entre la jeunesse et l’âge adulte, entre la naïveté et la sagesse, mais aussi entre les ténèbres et la lumière.
L’ouvrage possède une particularité assez intéressante : chaque texte est présenté dans sa version originale, en russe, puis dans sa version française. Cela signifie de ce fait que le recueil contient finalement assez peu de textes différents, puisque chacun apparaît deux fois.
À travers ses textes, Anna Filiptséva présente la poésie comme une forme de refuge. Un endroit où l’on peut déposer ses émotions, ses pensées et tout ce qu’il n’est parfois pas possible de dire à voix haute. Le recueil cherche ainsi à créer une certaine intimité avec le lecteur, avec cette idée que les émotions que nous traversons peuvent être partagées et que nous ne sommes jamais complètement seuls face à elles.
Sur le papier, c’est un concept qui avait tout pour me plaire. J’aime beaucoup la poésie et je lis également volontiers des textes en vers libres. J’étais donc assez curieuse de découvrir cet ouvrage et de voir comment l’autrice allait aborder ces différents thèmes.
Malheureusement, je dois reconnaître que je n’ai pas complètement accroché.
Je n’ai pas trouvé les textes aussi prenants que je l’aurais espéré. Dans l’ensemble, j’ai parfois eu du mal à trouver le sens ou la profondeur que j’attends habituellement d’un recueil de poésie. J’ai eu l’impression de rester assez extérieure aux textes, sans parvenir à réellement entrer dans les émotions que l’autrice cherchait à transmettre.
Et c’est finalement assez frustrant, parce que j’aime justement la poésie pour cette capacité à faire ressentir énormément de choses avec parfois très peu de mots. J’apprécie également beaucoup les vers libres, qui permettent une grande liberté dans la construction et dans l’expression des émotions. Mais ici, la manière dont les textes sont construits et les messages qu’ils cherchent à transmettre ne m’ont pas toujours parlé.
Je pense aussi qu’il s’agit d’un recueil qui peut être très personnel dans sa réception. La poésie est un genre particulier : un même texte peut bouleverser une personne et laisser une autre totalement indifférente. Je n’ai donc aucun doute sur le fait que certains lecteurs pourront trouver dans Frissons des mots qui leur parleront énormément, notamment grâce à cette volonté de faire de la poésie un espace de réconfort.
De mon côté, je n’ai malheureusement pas ressenti cette connexion.
Mon ressenti reste donc assez mitigé. J’aurais aimé être davantage touchée par les textes et ressentir cette fameuse sensation de refuge que le recueil souhaite créer. J’ai parfois eu l’impression de passer à côté du message ou de ne pas comprendre ce que certains textes voulaient réellement transmettre.
Frissons est donc une découverte intéressante, mais qui n’a malheureusement pas totalement fonctionné pour moi. J’aime la poésie, les vers libres et les recueils qui permettent de mettre des mots sur les émotions, mais je n’ai pas suffisamment accroché au style et aux textes proposés ici pour véritablement être emportée.
Cela reste malgré tout une lecture qui pourra certainement trouver son public, car la poésie est un genre profondément subjectif. Cette fois, les mots d’Anna Filiptséva n’ont simplement pas réussi à trouver leur chemin jusqu’à moi.
⭐⭐
/Reçu gratuitement via la Masse Critique Babelio/
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