Championne



Championne

Nina Bouraoui 

Audiolib

400 minutes 

21.95 euros 

Résumé ~

Une jeune fille, au pied de son immeuble, s’entraîne contre un mur. Elle frappe la balle avec sa raquette, inlassablement, pour fuir la folie de son pays et de sa famille, pour échapper à la colère de son père, à l’amour en désordre de sa mère, à la pâleur de sa soeur. Elle frappe et en elle les mots se bousculent : elle butte contre une faute qu’il lui faut avouer pour grandir et rêver à la femme qu’elle deviendra, qui s’aimera et aimera, qui se sera gagnée, elle.

Nina Bouraoui signe un roman ensorcelant, hypnotique, la confession d’une jeune fille en feu, qui a le don des mots et un regard qui saisit chaque sentiment pour l’explorer, chaque geste pour dire le désir et la beauté.

Mon avis ~

Avec Championne, Nina Bouraoui propose un récit très personnel, tiré de sa propre histoire, qui nous plonge dans les souvenirs et les pensées d’une jeune fille cherchant à échapper à son environnement familial et à la réalité qui l’entoure. Un récit autour de l’enfance, de la famille, du désir, de la construction de soi et de la volonté de trouver sa propre place.

J’ai découvert ce livre en version audio grâce à Audiolib, qui me l’a offert gratuitement via NetGalley. Malheureusement, cette écoute n’a pas du tout fonctionné pour moi.

L’histoire nous présente une jeune fille qui s’entraîne inlassablement avec sa raquette, au pied de son immeuble. À travers le sport, elle cherche notamment à fuir la folie de son pays et de sa famille, mais aussi la colère de son père, l’amour compliqué de sa mère et la fragilité de sa sœur. Derrière ces entraînements se cachent finalement beaucoup de pensées, de souvenirs et de questionnements sur celle qu’elle est et celle qu’elle deviendra.

Le récit aborde donc des thématiques importantes et parfois difficiles. La famille occupe une place centrale, avec ses dysfonctionnements, ses blessures et ses relations parfois compliquées. On retrouve également des réflexions autour du désir, de l’identité, de la féminité et de la construction personnelle. Ce sont des sujets qui auraient normalement pu m’intéresser, et je reconnais qu’il y a une vraie profondeur dans ce que l’autrice cherche à raconter.

Pourtant, je suis complètement passée à côté.

Je n’ai pas réussi à comprendre où le récit voulait réellement m’emmener ni ce que je devais en retenir. J’ai eu énormément de mal à trouver un fil auquel me raccrocher et à véritablement entrer dans l’histoire. Au fur et à mesure de mon écoute, je me suis davantage sentie spectatrice qu’impliquée dans ce qui était raconté.

Et surtout, j’ai ressenti un véritable malaise.

C’est probablement le plus difficile à expliquer dans mon avis, parce que je ne saurais pas précisément dire ce qui a provoqué ce sentiment. Certains passages, certaines situations ou simplement l’atmosphère générale du récit m’ont mise mal à l’aise, sans que je puisse forcément mettre le doigt sur une raison précise. Ce n’est pas nécessairement parce que les sujets abordés sont difficiles : j’ai déjà lu des histoires traitant de thématiques bien plus lourdes qui m’ont beaucoup touchée. Ici, c’est simplement l’ensemble qui n’a pas réussi à me mettre à l’aise.

Je pense aussi que le côté très introspectif du récit n’a pas particulièrement fonctionné avec moi. On est beaucoup dans les pensées de cette jeune fille, dans ses perceptions, ses émotions et son regard sur ce qui l’entoure. Nina Bouraoui semble chercher à retranscrire quelque chose de très intime, presque comme une confession. Et je comprends parfaitement la démarche.

Mais en tant que lectrice, je suis restée à distance.

Le fait que le roman soit tiré de l’histoire de l’autrice rend d’ailleurs mon ressenti encore plus particulier. Je ne remets absolument pas en question ce qui est raconté ni la légitimité de cette histoire. Il s’agit d’un récit personnel, avec des expériences et des émotions qui appartiennent à l’autrice. Simplement, ce qui peut être profondément marquant pour une personne ne trouvera pas forcément le même écho chez tous les lecteurs.

Et c’est exactement ce qui s’est produit avec moi.

Je peux reconnaître que Championne aborde des sujets forts et qu’il y a une véritable volonté de mettre en mots des émotions complexes. Mais malgré cela, je n’ai pas réussi à m’attacher à l’histoire ni à comprendre véritablement ce que l’autrice voulait me faire ressentir.

L’écoute audio n’a probablement pas non plus aidé à créer cette connexion. Certains textes très introspectifs fonctionnent particulièrement bien en audio, car la voix permet de renforcer leur dimension émotionnelle. Ici, je suis malheureusement restée extérieure au récit et je n’ai pas réussi à me laisser porter par les mots.

C’est donc une lecture assez difficile à noter ou à juger de manière objective, parce que je pense surtout qu’il s’agit d’une rencontre qui n’a pas eu lieu entre une histoire et moi. Je ne peux pas dire que le roman n’a rien à raconter, bien au contraire. Il y a des thématiques importantes, une histoire personnelle forte et une véritable recherche autour des émotions et de la construction de soi.

Mais tout cela ne suffit pas toujours à créer une connexion avec le lecteur.

Championne est donc une écoute qui m’a laissée assez perplexe et surtout mal à l’aise, sans que je sois réellement capable d’expliquer pourquoi. Je n’ai pas compris le but du récit et je n’ai malheureusement pas réussi à y trouver ce petit quelque chose qui aurait pu me permettre de m’y attacher.

Une expérience de lecture très personnelle, qui ne m’aura donc pas convaincue, malgré des sujets intéressants et une démarche qui mérite certainement de trouver son public.

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