Le théorème des Katherine
Le théorème des Katherine
John Green
Pkj
360 pages
7.50 euros
Résumé ~
Pour Colin, jeune homme surdoué, la femme idéale s'appelle Katherine. Il est sorti avec 19 Katherine… et s'est fait larguer chaque fois.
Lorsque sa 19ème Katherine le quitte, il part noyer son chagrin dans un voyage avec son ami Hassan. Alors qu’il élabore une formule mathématique pour prédire la date de rupture avec sa prochaine Katherine, une rencontre va remettre en cause son idéologie de l’amour. Et si l’amour ne respectait pas le théorème des Katherine ?
Mon avis ~
Avec *Le théorème des Katherine*, John Green nous entraîne dans une histoire à la fois drôle, décalée et finalement assez touchante. Si j’ai découvert l’auteur comme beaucoup de lecteurs avec *Nos étoiles contraires*, je dois reconnaître que je suis assez mitigée concernant sa plume. Pourtant, et c’est assez paradoxal, j’aime généralement beaucoup les histoires qu’il imagine et je finis presque toujours par m’attacher à ses personnages.
Dans ce roman, nous faisons la connaissance de Colin, un jeune homme particulièrement brillant qui a passé une bonne partie de sa vie à sortir avec des filles prénommées Katherine. Dix-neuf, pour être précis. Et le problème, c’est qu’elles ont toutes fini par le quitter. Lorsque la dix-neuvième Katherine met elle aussi un terme à leur relation, Colin se retrouve complètement désemparé.
Pour essayer de lui changer les idées, son meilleur ami Hassan l’embarque alors dans un road trip. Les deux garçons vont finalement arriver dans un petit village assez particulier, où ils vont être accueillis d’une manière plutôt inattendue. Cette halte va rapidement devenir bien plus importante qu’un simple voyage destiné à faire oublier une rupture.
Colin, de son côté, va profiter de ce moment pour se lancer dans un projet qui lui ressemble parfaitement : créer une formule mathématique capable de prédire la durée d’une relation et surtout le moment où une rupture va se produire. Parce que oui, Colin est persuadé qu’il est possible de transformer l’amour en équation.
Et c’est justement cette idée qui m’a beaucoup amusée dans le roman. Colin cherche absolument à tout comprendre, à tout analyser et à trouver une logique derrière les relations amoureuses. Mais au fil de ses rencontres, il va être confronté à quelque chose qui ne se laisse pas forcément enfermer dans une formule : les sentiments humains.
J’ai beaucoup aimé le personnage de Colin, même si son côté parfois obsessionnel et son besoin de tout intellectualiser peuvent être assez déroutants. Il est à la fois très intelligent et finalement assez perdu lorsqu’il s’agit de comprendre les autres et surtout de se comprendre lui-même. Son évolution au fil de l’histoire est donc particulièrement intéressante.
J’ai également beaucoup apprécié Hassan. Leur amitié apporte énormément au récit et permet d’avoir une dynamique assez drôle entre les deux personnages. Le voyage qu’ils entreprennent ensemble est finalement aussi l’occasion pour Colin de sortir de sa petite bulle et de découvrir autre chose que les schémas dans lesquels il s’était enfermé.
Le village dans lequel ils arrivent joue également un rôle important. Les personnages qu’ils vont y rencontrer vont progressivement les intégrer à leur quotidien et créer une ambiance assez particulière. J’ai aimé cette partie du roman, notamment parce qu’elle permet à Colin de vivre des expériences qu’il n’aurait probablement jamais vécues s’il était resté dans son quotidien habituel.
Comme souvent avec John Green, derrière une histoire qui peut sembler légère se cachent finalement des réflexions plus profondes. Ici, il est évidemment question d’amour, mais aussi d’amitié, de rupture, de confiance en soi et de la manière dont on cherche parfois à mettre des règles sur des choses qui n’en ont pas forcément.
Et c’est probablement ce que j’apprécie le plus chez cet auteur : même lorsque son écriture ne me convainc pas complètement, ses histoires arrivent malgré tout à me toucher. J’ai parfois l’impression que sa plume part un peu dans tous les sens et que certains passages pourraient être plus simples ou plus fluides. Ce n’est donc pas forcément une écriture dans laquelle je me sens totalement à l’aise.
Pour autant, je me laisse toujours embarquer par les personnages. C’est assez paradoxal, mais je peux avoir quelques réserves sur la façon dont John Green raconte son histoire tout en ayant envie de savoir ce qui va arriver à ses personnages. Et *Le théorème des Katherine* n’a pas fait exception.
J’ai donc passé un bon moment avec Colin et Hassan, et j’ai apprécié cette histoire qui mélange humour, amitié, amour et réflexions un peu farfelues autour des mathématiques. Ce n’est peut-être pas un roman qui changera ma vision de John Green ou qui me fera dire que sa plume est faite pour moi, mais une fois encore, son histoire a réussi à me faire passer un bon moment.
Finalement, je crois que je peux résumer assez facilement mon rapport aux romans de John Green : je ne suis pas forcément fan de son écriture, mais j’aime ses histoires et je m’attache à ses personnages. Et pour moi, c’est déjà une très bonne raison de continuer à découvrir ses romans.
⭐⭐⭐
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